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10/04/2020

COMPUTERS KILL PEOPLE - Interview 2020 (Rock)


COMPUTERS KILL PEOPLE - Interview 2020 (Rock)


ROCK / ALTERNATIF / INDé / STONER


COMPUTERS KILL PEOPLE - Interview 2020 (Rock)

Vous avez peut-être (Surement ?) croisé leurs guitares énergiques durant un concert dans le Nord, mais ils sont de Paris. Leur style, une sorte de power rock/ Alternatif/ Stoner, rappelle aux oreilles que les années 90 c’était vachement chouette dans le style, mais pas que. En gros c’est un groupe de rock énergique cool, que j’ai eu la chance de voir en concert plusieurs fois sur Douai, au festival Rock’n Saint Amé, ou au Red studio, et à chaque fois leur set était bien rodé. J’ai fini par avoir une série de questions à leur poser, et voici leurs réponses.


                     
1. Salut, quoi de neuf chez COMPUTERS KILL PEOPLE? Vous êtes toujours un groupe de rock indépendant à tendance Stoner venant de Paris?

Ludwig - Chant /guitare : Salut ! Ecoute ça va très bien, malgré le confinement. On est loin les uns des autres, mais on est en contact permanent, on bosse sur de futurs projets, donc c’est chouette ! Pour répondre à ta question, on est toujours un groupe de rock plutôt énervé, oui !

Erwan - Batterie : Salut!  Pour compléter ce que dit Ludwig, à vrai dire, on fonctionne déjà en parti à distance depuis environ 1 an et demi, puisque j’ai quitté la région parisienne pour des raisons professionnelles. Le confinement ne nous empêche pas d’avancer, on se l’interdit même!


2. Pourquoi "Les ordinateurs tuent des gens"? Pourquoi pas l'inverse? Peut-être car on ne peut pas tuer un ordinateur?


Ludwig : A la base, ce nom c’était surtout un genre de trip, un truc que je me suis dit parce que j’étais de mauvaise humeur, mais plus j’y pensais et plus je me disais que ça résonnait sur un truc bien réel ! Pour l’inverse, on n’y est pas encore, mais qui sait ? Avec les progrès de l’IA actuels, on va peut être finir par y arriver ?

COMPUTERS KILL PEOPLE - Interview 2020 (Rock)

3. Sur votre page Facebook, c'est indiqué que vous êtes influencés par toute la scène rock alternative des années 90. Ç'est l'époque où vous avez grandis? Vous êtes nostalgiques Pourquoi les années 90 sont meilleures en terme de rock que les années 2000 ou 2010? (Peut-être car il y avait plus de gros groupes "cultes"?). Si vous étiez nés cinq ou dix ans plus tard, est-ce que ça se sentirait dans les compos de CKP?


Ludwig : Je ne sais pas si on peut vraiment parler de nostalgie … Évidemment, on est tous plus ou moins des kids des années 90, on a grandi avec la musique de cette époque, c’est évident qu’elle nous a forgés. Le fait est que le rock des années 90 a poussé très loin l’énergie véhiculée, surtout avec la grosse vague de grunge qui est arrivée dans le sillage de Nirvana, Smashing Pumpkins, Soundgarden, tous ces groupes là ! Et, en tout cas en ce qui me concerne, c’est vraiment cette énergie qui est centrale. Je ne pourrais pas vivre sans elle, ou en tout cas, je serais probablement beaucoup plus con que je ne le suis déjà ! Elle est la raison pour laquelle je fais ce que je fais.
J’aime pas trop les discours du style « c’était mieux avant », parce qu’en général c’est faux … Mais je constate quand-même que c’est quelque-chose qui s’est un peu effacé avec la fin des années 90 … Ca a été progressif, mais j’ai la sensation que l’énergie, la violence dans les sonorités et dans le propos se sont dilués avec les années ... En tout cas dans la musique qui touche le grand public.
Je ne sais pas trop pourquoi les choses ont tourné comme ça … Peut être qu’après avoir été gavés de clônes de Nirvana pendant 5 ou 6 ans, le public a commencé à se lasser et le Grand Business a pris le pli de calmer un peu les ardeurs des groupes … Sans doutes que la crise du disque des années 2000 a aussi contribué à ça, en rendant les producteurs plus fébriles à l’idée de sortir des choses un peu dérangeantes … C’est dommage, mais bon, on continue à avoir de très très bons groupes très énervés ! C’est juste qu’on ne les entend plus à la radio, donc il faut aller les chercher nous-mêmes, maintenant ! Et beaucoup de groupes de l’époque sont toujours en activité.
Après, quand on regarde les chiffres, même à la grande époque, le rock ne faisait que rarement partie des plus gros vendeurs, à quelques exceptions près. Ca tend à corroborer ce que je disais : quand l’argent coulait à flots chez les maisons de disques, les directeurs artistiques étaient certainement plus enclins à prendre un petit risque commercial pour produire un truc pas trop pop.

Erwan : Il y a dix ans d’écart d'âge entre le plus jeune et le plus ancien dans le groupe, mais on est tous très branchés sur les 90’s en effet. On partage cette passion pour cette décennie et bizarrement on a pas forcément été touchés par les mêmes groupes (pas du tout même). C’est assez drôle quand on y pense mais ça fonctionne au final. Je te raconte pas la galère pour choisir un morceau dans la voiture quand on part jouer en dehors de Paris 🙂.


4. Vous êtes originaires de Paris, mais vous avez joué plusieurs fois sur Douai (Au moins à trois reprises si je ne me trompe pas)... Qu'est-ce qui vous attire dans le Nord? Le miel va-t-il un meilleur gout? L'air est-il moins pollué?

Ludwig : La bière est bien meilleure aussi ! En vrai, on s’est très vite fait d’excellents amis dans la région, et ça nous fait de plus en plus d’excellentes raisons pour revenir. J’ai arrêté de compter, mais on doit être autour de 10 concerts entre Douai et Lille et on revient toujours avec le même plaisir ! On retrouve les potes, on croise des groupes impressionnants à chaque fois, on se marre bien, tout ça à deux heures de route de chez nous ! Qui refuserait ça ?

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5. J'ai re-visionné une vidéo du concert que j'avais filmé à Douai fin 2018... Et soit votre bassiste a laissé pousser ses cheveux et a changé de sexe, soit vous avez changé de bassiste... Dis-nous tout!

Ludwig : Ahah bien vu ! Tony m’a annoncé vouloir quitter le groupe juste après le concert dont tu parles. Guillaume avait déjà joué avec Karin pour un tribute aux Smashing Pumpkins, il est venu me voir et m’a dit « C’est elle qu’il nous faut ». Je pourrais parler des heures sur ce qu’elle nous apporte musicalement, mais aussi en tant que groupe, mais au final, ça se résume à une chose : on n’a jamais été aussi solides collectivement que depuis son arrivée. Karin fait de nous un meilleur groupe, tout simplement. Je suis super fier du line up dans sa forme actuelle !

Erwan : En effet depuis son arrivée on a radicalement changé notre manière de fonctionner, on est bien plus unis qu’avant et on a plus peur de passer des heures à peaufiner des détails. Merci Karin pour sa patience notamment! Et puis, un peu de présence féminine, on ne va pas s’en plaindre 😉.
D’ailleurs, à la sortie du Red Stoner Fest #2 de Douai dont tu parles, on s’est tous dit, mais en fait, on ne fait pas du tout du stoner…:-) Maintenant on se revendique Power Rock, du rock plutôt véner comme le dit Ludwig.


6. On vous a déjà dit que vous avez de beaux yeux? En parlant de visuel, vous apportez de l'attention à la présentation du groupe ? Je trouve que vous êtes plutôt bien habillés pour un groupe de rock, c'est un effort de présentation ou ce sont vos habits de tous les jours?

Ludwig : Ahahah c’est un peu les deux ! Perso, il m’arrive de m’habiller comme ça, surtout pour le plaisir, aujourd’hui. C’est agréable de se sentir un peu élégant ! Mais à une époque pas si lointaine, c’était ma tenue quotidienne … Ceci dit, c’est important pour nous d’avoir ces tenues sur scène.
Au-delà de ce que ça véhicule visuellement et de l’univers que ça installe, c’est aussi une façon pour nous de nous investir dans notre show ! Ca fait vraiment partie du délire ! A une époque, on avait un peu lâché la bride sur ces tenues, on était moins rigoureux là-dessus, mais on s’est rendus compte que ça nous avait fait perdre un peu de notre mojo. Je ne saurais pas exactement te l’expliquer, mais ces tenues, c’est un peu notre « bat-suit » qui nous met dans l’état d’esprit qui va bien. Quand tu montes sur scène là-dedans, dans ta tête, le concert a déjà commencé avant même d’avoir joué la première note ! Par contre, on crève de chaud !

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7. Quand vous composez de la musique, avez-vous des lignes directrices particulières, comme: essayer de ne pas trop ressembler à tel groupe ? Éviter les morceaux trop lents ? Éviter les rythmes jazz/ samba?... Peut-être que certains musicos ont des tics de jeu qui reviennent à chaque fois mais ne collent pas trop à l'esprit du groupe? Peut-être que vous avez jetté une compo car elle ressemblait trop à un de vos groupes préférés ? Peut-être que cette question est trop longue ? (Lol)

Ludwig : On a déjà jeté des compos, surtout des vieux morceaux, des trucs écrits il y a 10 ans et dans lesquels on ne se reconnaît plus vraiment. Mais au final, on n’a pas vraiment critères précis ! Ca part le plus souvent d’un riff enregistré à l’arrache sur un téléphone portable, puis qu’on développe collectivement après.
On ne s’interdit pas grand-chose, au final. Du moment que ça donne envie de bouger des petits culs, on est preneurs ! Notre seule ligne directrice, c’est la sonorité générale qu’on veut donner. On reste dans une esthétique musicale assez délimitée, pas tant par choix que parce que c’est ce qu’on recherche tous les quatre profondément. Mais si ça sonne un peu cheesy, ou au contraire assez cliché du rock qui tâche, c’est pas très grave, du moment qu’on s’y reconnaît. Ca nous laisse une bonne marge de manoeuvre, parce qu’on peut prendre n’importe quel riff qui groove un peu et en faire un morceau bien catchy en le mettant dans notre esthétique musicale !

Erwan : Sonner comme tel ou tel groupe, sur un morceau, c’est pas forcément un truc qui nous dérange tant que ça nous plait. En ce qui me concerne je suis le troisième batteur du groupe et mes prédécesseurs avaient chacun un style très différent du mien, c’était pas évident au départ de trouver le coup juste 🙂 sans dénaturer l’esprit d’origine. Mais depuis quelques temps déjà, on a fait un gros travail de réadaptation d’un bon nombre de “vieux” morceaux (l’album Silence Means Security et  l’EP Healing Bruises) pour que l’on sonne plus “tight”, les nouveaux morceaux étant déjà dans cette lignée. C’est un peu la même principe à la basse aussi.
Et pour la composition, on travaille de plus en plus à distance et de manière collégiale, ça peut partir d’un riff, d’un pattern de batterie, d’un texte et on co-construit autour de ça.


8. Pensez-vous écrire un jour un morceau sur le confinement, sur le Coronavirus ou ses effets collatéraux? Ça pourrait être un bon sujet…

Ludwig : C’est une bonne idée ! Les sujets s’imposent un peu d’eux-mêmes, c’est rarement prémédité. Dernièrement, nos textes sont devenus plus critiques, plus sarcastiques, plus acides aussi, et parlent de sujets plus lourds (la violence domestique, la représentation des femmes dans la société, la fascination que les armes et la violence peut susciter chez certains, ce genre de choses …) là où avant c’était des choses plus personnelles, et aussi plus adolescentes. Alors pourquoi pas ? Y’a des tas de choses à dire sur la situation sanitaire actuelle et tout ce qu’elle peut engendrer de doutes, de souffrances et d’angoisses …




9. Comment remplissez-vous le temps libre pendant vos journées de confinement ? Cet apport soudain de temps libre est-il bienvenu quand tu es musicien, comme ça permettait d'avancer sur les compos, ou tu t'en serais passé car c'est dur dur de rester enfermé sur Paris ? (Le pourcentage d'appartements très petits y est plus élevé qu'ailleurs... Ce qui pourrait entraîner une augmentation du taux de divorces, voir de suicides…)

Ludwig : En ce qui me concerne, je ne suis pas à plaindre. C’est une occasion pour passer du temps en famille, avec mon gamin qui vient d’avoir 10 mois et que d’habitude, je ne peux voir que 2 heures par jour parce que je travaille loin. Mais je sais que c’est pas le cas pour tout le monde ! J’ai déjà partagé ma vie avec des personnes plus ou moins abusives et je ne sais que trop bien à quel point les choses peuvent devenir infernales !
Je sais que des numéros d’urgence ont été mis en place, ou renforcés, pour les personnes qui sont, par exemple, victimes de violences conjugales. A mon avis, il ne faut pas hésiter à y faire appel si c’est nécessaire, mais ce qui est triste, c’est de savoir que même avec ça, personne n’est vraiment à l’abri … Et il ya aussi les personnes qui sont seules chez elles sans aucun contact avec l’extérieur ! Certains ne le supportent pas, indépendamment de l’espace de ton intérieur. Ca peut être très dur de se retrouver plusieurs semaines en tête à tête avec toi-même … Je pense que pour beaucoup de personnes, ces semaines de lock down vont être terribles … Je pense assez souvent à ces gens là. Je suis chanceux aujourd’hui, mais ça n’a pas toujours été le cas !

Erwan : Le confinement, pour la plupart des gens, est un moindre mal dans cette histoire, certains seront obligés d’y retourner rapidement ou n’ont jamais pu quitter leur obligation de travail, c’est avant tout à eux qu’il faut penser. Pour une minorité cela dit, on ne peut pas nier non plus que cela va être difficile à vivre, surtout quand on est mal entouré ou pas entouré du tout… Pour CKP comme déjà évoqué plus haut, on continue nos affaires, on a cette chance.


10. Si les ordinateurs tuent les gens, que leur font les smartphones? (Peut-être qu'ils propagent les virus? ahah…)

Ludwig : Ils nous espionnent !



11. Vous faites partie du label Kernel Panic records, un nom qui renvoie aussi à l'univers de l'informatique... Est-ce vraiment un hasard? Etes-vous geeks, nerds? D'ailleurs en naviguant sur la page facebook de Kernel Panic, ses activités semblent être un peu différentes d'un label au sens classique du terme, et se rapprochent plus d'un collectif de musiciens... Tu peux nous expliquer en quoi il consiste et son fonctionnement?

Ludwig : C’est exactement ça, un collectif de musiciens ! On n’a pas forcément les moyens d’assurer le travail d’un label à proprement parler, mais on fait de la production (on a un studio à nous dans lequel je fais de l’enregistrement et du mixage), on assure un soutien financier et logistique aux groupes, on les aide sur la comm, on essaie de les accompagner pour structurer leurs projets, ce genre de choses ! Et pour répondre à ta question : c’est pas du tout un hasard, le nom Kernel Panic était le contrepied de Computers Kill People. Je me qualifie volontiers de geek (au minimum) et ces noms viennent clairement de là ... Et puis ça sonnait bien !


12. Quels sont vos futurs projets? Quelque chose à annoncer aux lecteurs? Merci pour les réponses.

Ludwig : On a quatre titres déjà enregistrés et prêts à être mis en ligne dans les semaines qui viennent ! On va balancer tout ça un peu au fil de l’eau à mesure qu’on sera prêts à le faire !Pour la suite, on a déjà bien avancé sur de nouveaux morceaux, on espère pouvoir enregistrer d’ici la fin de l’année, probablement pour un album. Les choses ont été un peu « étranges » ces derniers temps, entre la situation sociale, sanitaire, et pour moi, l’arrivée de mon fils, on n’a pas eu beaucoup de temps pour avancer concrètement sur les aspects production, mais c’est dans les tuyaux !
Merci beaucoup pour tes questions en tout cas c’était un plaisir de te répondre, en espérant te recroiser très bientôt !

Erwan : Merci pour ces questions pertinentes, et à une prochaine dans le Nord on l’espère!

https://www.facebook.com/CPUKillPeople
https://cpukillpeople.bandcamp.com