27/04/2011

DAS ICH - "Anti'christ" CD 2002


Ce disque, ça serait un des meilleurs de DAS ICH! Je l'ai entendu dans le christophone.
Le christophone, le premier téléphone en cabine qui te permets de joindre directement le christ. Confessions intimes, prophéties du canton, toutes tes questions trouveront ici leurs réponses les plus éclairées. (En option: Petit rideau rouge-bordeau pour un effet plus "Vatican", et pour les plus bavards, jet d'eau rince postérieur inspiré des meilleures toilettes modernes)
Je ne sais pas pourquoi, mais LAIBACH ont du se faire piquer la place pour les génériques d'attente dans ces fameuses cabines (Auxquelles il ne manquerait plus que les "glory holes"). Mais à l'écoute de ce disque, ont comprend un peu comment DAS ICH on pu remporter le concours avec leur dark electro qui prend ici des tournures plus symphoniques, avec des orchestrations inspirées du classique assez bien tournées, tout en restant adéquates à leur univers: C'est sombre, parfois triste, parfois étrange, plus ou moins austère...
On est pas loin d'un autre de leurs disques intitulé "Staub" (Du dark electro aux rythmes et compositions assez recherchées, qui ne sont pas impénétrables et gardent des parties plus abordables), mais en plus symphonique... D'ailleurs j'apprécie le fait que le côté "symphonique" n'ait pas ramolli le tout: Ca reste rythmé, et même si ce n'est pas forcément leur disque le plus sombre (J'y trouve un peu de lumière, notamment dans certains chœurs, et la nostalgie présente n'est pas 100% chargée en carbone), il contient son lot de moments marquants et de passages intenses.
"Anti'christ" est dans la bonne moyenne de la petite dizaine d'albums de DAS ICH que je connais, pas certain que ce soit leur meilleur (J'me méfie quand quelqu'un se fait passer pour Jésus au téléphone, fait pas déconner) mais il y a peu de risque de réelle déception pour quelqu'un aimant ce style.

KMFDM - "Money/ Bargeld" CD 1992


A défaut d'avoir sorti des albums intéressants pour la totalité des morceaux les composants, KMFDM auront au moins pu servir d'exemple parfait de certains aspects négatifs ou clichés de la scène "industrielle" de l'époque.
Le chapitre d'aujourd'hui s'intitule "Le disque de remixs".
Prenons donc deux morceaux tantôt électro indus groovy, tantôt indus rock, ni trop compliqués, ni trop inspirés (Faut pas déconner, faut que ça se remixe facilement).
Faisons grosso modo quatre versions différentes de chaque, en veillant à ce que ceux-ci ne soient ni trop poussés, ni trop différents des originaux (Ne pas y passer trop de temps, faut du rendement).
Enfin remplissons un disque avec ces originaux et versions alternatives, puis sortons le comme un album...
Alors oui j'aime bien, mais je châtie bien aussi, pas de problème...
Autant KMFDM ont sorti des trucs sympas, autant ils avaient tendance à faire de la musique "industrielle" de façon industrielle, à la chaîne, comme on met des beefsteacks sous cellophane à l'usine.
Le morceau "Money", le plus groovy des deux, est donc le plus électro, le chant lui donnerait presque un petit côté hip hop, alors qu'on pourrait y voir une sorte de pop, quelque part entre INXS et Georges Michael version plus décadente... Heureusement deux des remixs (Le "Metal mix" et le "Death-before-taxes mix") ajoutent des riffs pour faire un truc plus métal, plus Ministry, plus Rammstein (Ah non, ça n'existait pas à l'époque).
Le morceau "Bargeld" est à la base plus sympa, car avec plus de guitares, quelque part entre électro rock et metal indus. Les deux remixs font pour l'un plus house à touches funky et pour l'autre toujours house mais moins funky...
Il faut le dire, car comme j'aime bien je châtie bien, c'est un disque bien moyen. Même s'il y a quelques pistes plutôt sympas dans le style, on aurait pu amputer une bonne moitié des versions ici présentes sans problème, pour sortir un MCD ou quelques bonus tracks qui auraient eu plus de gueule... Mais bon, le groupe était plus concentré sur le rendement... Puis les albums de remixs en général ça ne se bonifie pas avec l’âge, même presque vint ans après...

16/04/2011

T.S.O.L. - "Beneath the shadows" CD. 1989.

L'océan résultant d’une procrastination forcée continuer de monter... Il monte, monte! Implacablement. L'accumulation du non fait, du non réalisé, devient assez hallucinante. Le peu d'air restant dans mon bocal devient suffocant... Vite, de l'air! Vite! Même vicié il fera l'affaire...Dans un dernier élan de désespoir j'ouvre grand la bouche, en espérant fébrilement que la prochaine inspiration ne sera pas la dernière.Alors que la question de goûts se traîne comme un vieux cadavre percé de balles de toutes parts, j'introduis ce CD sympa dans la bouche charnue de mon lecteur, espérant que son ambiance sera assez fraîche, respirable, assimilable par mon corps...Toi lecteur libre de ne pas cliquer, ce que tu entendras est une sorte de post punk aimant le rock, ou un rock assez sombre et malsain à touches punk, un peu dans le style du premier MAGAZINE en moins musical et moins varié (Même s'il y a du piano sur quelques titres) mais aussi moins malsain, avec en plus un peu du premier KILLING JOKE (Moins mécanique, pas aussi torturé...). Je ressens un certain malaise, une incertitude quant au futur... Brouillard, vision nocturne d'un mur noircis par le charbon qui serait en quelques sortes paralysant...Le chant fait un peu punk et nonchalant, mais il est moins provocateur et plus poli que la rébellion de base. On retrouve aussi quelques claviers bien kitsch qui ajoutent pas mal de singularité aux côtés parfois trop punks pour être sympas... J'aime assez quand le groupe touche au rock desperado, quand ils utilisent sur leurs guitares une sorte d'effet de chorus qui donne un petit côté étrange... Et ils ont des titres assez réussis... J'aime moins quand ils sont plus basiques, notamment dans ces quelques pointes de punk pure crête d'origine... Et tous les titres ne sont pas aussi bien… Ce disque est plutôt pas mal, relativement glauque et assez musical pour le genre, mais ce que TSOL font passer sur cet enregistrement, je l'ai ressenti de façon plus intense dans d'autres albums assez proches... "Beneath the shadows" est donc sympa, voir appréciable, mais pas essentiel.Allez, une dernière bouffée avant l'asphyxie finale...

09/04/2011

RELICATION - "Utterly disconnected" Demo CDr. 2011.

C'est une bonne surprise! Les Finlandais de RELICATION jouent du metal indus proche du style quasi originel, mais là où de nombreux groupes s'approchant de l'indus ont recours à des machines, ces finnois n'utilisent aucunement l’électronique: Il est question d'une formation guitare/ basse/ batterie classique. Car plus que d'approcher la modernité, leur but est de développer une ambiance sulfureuse de fin du monde, de saturation, de marmite prête à exploser.
Pour ceux qui ne l'auraient pas pressenti dans les quelques lignes précédentes, je vais l'ajouter tout de suite: On est proches de l’atmosphère des premiers GODFLESH, et c'est très cool! Il y a non seulement un feeling assez sulfureux, mais aussi les guitares dissonantes, les riffs haut perchés plus "space", ainsi que le chant tantôt revendicatif, tantôt plus aérien, tantôt avec des effets bien délirants à la "Streetcleaner". Puis également la basse saturée assez corrodée... Mais on trouve également d'autres choses...
Bien sur comme la batterie est humaine, le rendu est un peu différent: Moins mécanique, plus organique, ce qui donne un côté plus live (Et parfois plus "rock") au tout... Dans un sens le jeu du batteur peut parfois diminuer un peu le côté apocalyptique (Il est peut être pas assez monolithique), mais de l'autre ça donne un peu de dynamisme.
Je ressens aussi des influences assez notables de VOÏVOD, surtout pour le jeu de guitares en dissonances, qui est parfois assez "recherché", ou plutôt "composé" (Je ne fais pas référence aux enregistrements les plus thrash du groupe, peut-être plus la moitié de carrière aux alentours de "Negatron", quoique certains riffs...)
Puis ils me rappellent aussi les premières démos de DEPRESSOR (Alors qu'ils jouaient un indus metal très influencé Godflesh... Plutôt la deuxième cassette sur laquelle jouait un batteur)... Par moments je me dis également qu'on pourrait penser à certains vieux groupes de Sludge, mais sans tomber si fort dans le trip lourdeur.
Les morceaux les plus hypnotiques ne sont pas au début. Au premier abord le côté plus "metal", ou disons plus "riffs" et "composé" des premiers titres pourrait un peu surprendre celui qui s'attend à de la copie carbone... Puis on s'habitue, on apprécie les différences, et l'avancée dans l'enregistrement prend en lourdeur pour tomber dans le plus Godfleshien...
La production assez simple (Mais quand même suffisamment ronde) pourrait rappeler les enregistrements d'époque moitié des années 90s, amusant car ça pourrait donner un côté rétro ou aider un certain trip '"nostalgique"...
On parle bien d'une autoproduction, tout n'est pas parfait, et il y a des choses qu'on pourrait améliorer... Mais celles-ci n’abîment pas l'ambiance, et j'échangerais sans trop hésiter 20 albums d'éléctro indus trop réfléchis et trop plastifiés contre quelques démos imparfaites de ce style!
Fans de GODFLESH cherchez pas trop loin, si vous n'avez rien contre une dose de VOÏVOD dans votre metal indus, jetez vos oreilles sur RELICATION sans vous poser trop de questions.

MERCYFUL FATE - "9" CD. 1999.

Après "Into the unknown" qui était bien peinard, après "Dead again" qui était déjà assez actuel (Mais toujours heavy) avec pas mal de putains de riffs, MERCYFUL FATE nous envoie sa dernière livraison.
Continuant de fournir un heavy metal à la fois très fidèle à ses racines et ouvert aux nouvelles influences, le groupe prend ici une tournure plus efficace, assez "mécanique", et il sonne comme une machine à riffs... Peut-être à cause de la production, du jeu du batteur, ou d'une autre raison pas encore identifiée (L'album précédent était aussi, voir plus chargé en plans, mais ne donnait pas cette impression "d'usine sidérurgique du riff")... Dans tous les cas le mot efficacité a pris plus d'importance, au point que l'auditeur pense parfois aux albums récents d'EXODUS (Comme "Tempo of the damned"), les riffs dans le style "poignets qui chauffent" ou les parties de batterie en double grosse caisse font pas mal penser au thrash, même si on est pas complètement dedans, ça reste du heavy.
On retrouve tous les éléments auxquels le groupe nous avait habitués: Riffs heavy sympathiques, vocaux variés toujours théâtraux, morceaux plutôt bien foutus avec pas mal de variations dans les plans et les thèmes (Sans en faire trop), ambiance assez sombre, passages catchy qui ressortent... Mais l'atmosphère est moins épaisse ou les riffs moins trippants que sur les meilleures livraisons du groupe. Et je trouve que le batteur fait un peu trop "bourrin" (Comprendre "Je tape fort sur mes fûts" alors qu'un peu de finesses à la Mikkey Dee (Quand il était dans KING DIAMOND) aurait augmenté le plaisir auditif...) Bizarre car il n'est pas spontanément apparu dans le groupe et son jeu ne me dérangeait pas auparavant.
Pour conclure cet album n'est pas mauvais, l'ensemble sonne bien et les musiciens ont fait leur taff comme des pros sans se moquer de l'auditeur, mais je le réserverais plutôt aux fans du groupe alors que les auditeurs en phase découverte préféreraient peut être "Melissa" (S'ils sont dans un trip heavy très retro, pour l'ambiance), "Don't break the oath" (Le plus connu, avec du bon dedans, mais la production me branche moyennement) ou "Dead again" (Pour quelque chose d'assez actuel et dynamique, avec des putains de riffs). Sinon, à quand la suite?