23/12/2008

SUPER TIMOR - Interview 2008 (Sludge stoner)

SUPER TIMOR - Interview 2008 (Sludge stoner)

SUPER TIMOR est un groupe sludgy cool dont la musique fait du bien ou elle passe… Comme leur album est pas mal, j’ai décidé de leur envoyer une petite interview. Le début de chaque question reprend un bout du dialogue de la pub pour le tue-mouches “Super timor”, c’est pas forcément marrant, mais au moins le résultat est pas mal.

SUPER TIMOR - Interview 2008 (Sludge stoner)

 1. "Bzzzzzzzz!" Salut, Présentes Super Timor à nos amis les insectes qui infestent ce site de temps en temps... Pourquoi avoir mis tellement de temps à réapparaître depuis la pub Tv? On vous attendait depuis si longtemps, que le fan-club a failli se dissoudre et les derniers fans rester collés aux bandelettes autocollantes dans la cuisine de mémé... Etait-ce un plan promotionnel savamment calculé, ou vous êtes plutôt du genre: "On s'en fout, tant qu'on joue c'est cool"?

S.A.S : Bonjour. Je dois reconnaître que la pub Supertimor ne me fait pas beaucoup rire. Ceci dit on avait choisi ce nom vite fait à l’époque où Gaze, notre ancien guitariste jouait encore avec nous, et à l’époque on était peut être un peu plus disposés à ce genre d’humour…puis sur le plan promotionnel, on a jamais été très forts mais surtout on ne s’y est pas du tout intéressés, c’est Marie notre manageuse qui nous a bien aidés depuis le début pour nous faire jouer, faire de la promo et trouver un label.


2. "Ne tuez plus les moustiques avec des claques sur vos joues (AYE), des claques sur vos cuisses (OUILLE OUILLE OUILLE), des claques sur vos bras (AYE). SUPER TIMOR EST LA!"  Comment tu représenterais votre style à quelqu'un ne connaissant pas les insecticides et préférant les méthodes plus traditionnelles? En parlant de traditions, vous ne semblez pas très concernés par Internet (Votre site semble pas très vivant, du moins y'a peu de visites). Vous préférez peut-être le courrier papier? Ou bien tout ça, la communication, les sms, c'est trop lourd et vous préférez fumer des joints tranquillement en écoutant Black Sabbath?
S.A.S : Notre style ne nous appartient pas vraiment, bien entendu, nos influences se trouvent dans tous les disques qu’on écoute, et là ça devient vite le boxon. Supertimor c’est l’échec, la déprime et le bois. Je pense avoir assez bien imagé. Concernant internet, oui nous le ponçons jour et nuit, le site est régulièrement mis à jour mais la raison pour laquelle il y a 42 visites depuis 1 an et demi vient du fait que j’ai fait une connerie avec le compteur et qu’il ne marche plus. Le courrier papier c’est totalement rétrograde et fatiguant pour le destinataire et l’expéditeur. Quant à fumer des mifles en écoutant Black Sabbath, en soi ce n’est pas très original, tout le monde en est capable et ça rend la chose triste dans le fond … Nous ne fumons pas et ne buvons pas d’alcool non plus, tout ce que ça provoque c’est un syndrome du riff moisi et une fausse sensation d’être carrés. Et en même temps je me dis que si par exemple Pink Floyd et tous les groupes de la vague psyché avaient été sobres, qu’est-ce que leur musique aurait été chiante…Et là, je remercie ces gens de s’être autant drogués car grâce à ça ils ont sorti des disques gigantesques et intemporels.
  

3. "Super timor est encore plus fort avec sa nouvelle formule "Super timor"" En parlant d'améliorations, vous vous voyez partir dans quel sens? Plus stoner, sludge ou doomy? D'ailleurs comme influences je n'ai pas entendu que les lourdeurs habituelles, mais aussi quelques choses un peu plus glauques comme du Doom death... Je mets mon dard dans le bon trou ou vos influences sont vraiment a de nombreux coups d'ailes de tout ce merdier? Composer vos morceaux prend un certain temps de réflexion, ou tout ça arrive automatiquement à heures précises comme une vache à lait bien réglée?

S.A.S : On ne se voit partir nulle part, mis à part le fait qu’on se sent à l’aise dans les tempos assez bas, quoique parfois speeder un peu ça s’impose d’entrée…après pour aller vite on dit qu’on fait du sludge, mais avec toutes les sonorités un peu différentes qu’on essaie d’intégrer, ben à force on s’éloigne de l’étiquette, mais ça on n’y a même pas pensé car on s’en bat les couilles copieux, doomdeath,sludgecore,beatdown hxc sxe emo raw pagan black metal…ouais on écoute tout ça et même bien plus large et ça transparaît forcement dans ce qu’on joue, mais ça a peu d’importance. Si demain on a envie de faire du reggae on ne se sentira pas prisonnier d’une étiquette et on le fera. Au niveau composition on arrive en répète avec les morceaux tous faits qu’on s’est envoyés en mp3 juste avant. Nous travaillons le morceau chez nous et en général c’est très vite ficelé. Même si on ne répète pas pendant 2 mois ça ne pose aucun problème.

SUPER TIMOR - Interview 2008 (Sludge stoner)

4. "Le temps de sentir l'odeur super timor, les insectes son déjà mort "Super timor"" C'est gentil, mais en écoutant l'album je n'ai rien senti... Je n'ai peut-être pas l'édition limitée ou il fallait peut-être le secouer dans un sens particulier?? Mais je veux bien imaginer une odeur de viande, à la vue de la pochette de votre album qui est réussie. Qui a fait cette pochette, tu peux nous en dire un peu plus sur l'artiste? Vous avez réussi à le payer en herbe ou il n’acceptait que les paiements en nature, et de façon liquide?

S.A.S : La pochette a été dessinée par Tom Denney. Je n’ai pas trop envie d’en parler, peut être que Guignol ou Vincent en diront plus que moi.


5. "Super timor avec sa nouvelle formule, Vraiment vraiment plus fort." Tu insistes? Tu sous-entendrais que l'album est meilleur que la démo précédente? Et en quoi? Il est plus gras, aspire plus facilement les becs vicieux des insectes malintentionnés? Et quels sont les retours quant à cet album, beaucoup de chroniques, de mails, de cadeaux par la poste (Des détails!) ou la scène underground actuelle est remplie d'ingrats qui ne pensent qu'à aspirer du Mp3 comme une vieille abeille obèse branchée à son miel via perfusion 24h/24?

S.A.S : Il y a de bons morceaux dans l’album, en tant qu’amateur du style je pense que c’est un disque que j’aurais acheté volontiers. Il est + tourné vers la misère que la démo, et leurs sons respectifs sont diamétralement opposés. La démo a été enregistrée en 2 jours avec du très bon matériel et l’album en plusieurs mois avec du matériel assez rudimentaire. Nous avons eu des échos très variés, certains détestent le son de l’album, d’autres pensent que ça ne correspond pas avec le style mais que ça sort de l’ordinaire, d’autres sont contents…dans l’ensemble les chroniques sont très bonnes, il n’y en a pas une seule qui soit vraiment négative. Ceci dit ce ne sont pas les chroniques aussi bonnes soient-elles qui ont fait vendre le cd. Il a été pressé à 1000 copies, ce qui est énorme pour un groupe comme Supertimor et il m’en reste quelques cartons dans le placard…Enfin vu la gueule du marché du disque actuellement on ne s’étonne plus. D’ailleurs nous remercions tous ceux qui se sont fendus de l’acheter, de la main à la main ou par correspondance.


6. "Super timor le No 1". Mais pour devenir Numéro 1, tout seul, c'est pas évident... Il faut parfois l'aide d'un label! Comment êtres vous rentrés en contact avec les Espagnols de PARADE Records? Vous êtes satisfaits de leur travail niveau promotion et distribution? De mon côté, ils ont bien voulu faire un petit trade donc je ne me plains pas :-)  Ils vous ont aussi aidé pour les concerts, ou ça restait un deal de distrib? Et les concerts se passent comment, vous en faites beaucoup et est-ce que ça mousse?? Avez-vous signé une close de non-insanités quand à vos textes (Qui d'ailleurs parlent de quoi?), si oui j'imagine que le nombre de zéros à la fin du chéque devait être persuasif...

S.A.S : Comme je l’ai dit plus haut c’est surtout Marie-Pierre de Slowend qui nous a trouvé les plus gros plans, dont Parade. Après le pressage du disque nous n’avons plus jamais eu de nouvelles du label. Même avant cela la communication était dure. Ils ne s’occupent pas du tout des concerts non plus, mais ça on le savait bien avant. On ne cherche pas à jouer, parfois un concert nous tombe dessus comme ça, et si les conditions sont bonnes on le fait. C’est pour ça que leur fréquence est assez faible, 1 ou 2 par an. En principe ça ne se passe jamais mal, mais jamais très bien non plus. On est habitués à ce que ce soit l ‘échec, donc ça ne nous pose pas problème. Si le concert a plu, tant mieux, s’il n’a pas plu tant mieux aussi. Je crois que nous avons peu de problèmes d’ego. En ce qui concerne les textes on nous souvent réclamé les paroles mais on ne les a jamais diffusées…Je ne sais pas si c’est de la honte ou de la modestie. De toute façon ce qui est raconté n’a aucune importance, ça nous fait bien marrer c’est sûr, mais c’est tellement intimiste que ça n’aurait aucun impact d’autant plus qu’on ne comprend rien du tout à l’écoute. C’est bien plus drôle d’envoyer une bribe de texte comme ça plutôt que l’intégralité. Quand tu arrives dans un bar et que tu cries « oh bizichelli » au collègues, ça c’est puissant. C’est hautement charismatique. D’ailleurs pour ma part je ne lis jamais les paroles dans les disques, ça ne m’intéresse pas

SUPER TIMOR - Interview 2008 (Sludge stoner)

7. "Encart publicitaire offert par Hippyboy" Voilà, c'est la dernière question, tu peux en profiter pour faire un peu de pub (Merchandising, etc) nous en dire plus sur vos projets futurs, et conclure comme il faut.

S.A.S : Nous composons en vue de sortir un double cd concept qui risque de faire partie du domaine du jamais vu. Il y aura du synthé analogique dans l’enregistrement car tous les morceaux qui ont été composés depuis la fin de l’enregistrement de Cauchemar d’esque l’ont été dans cette optique. Le synthé fait partie du son du groupe depuis quelques années… et depuis c’est devenu à la mode il me semble, c’est fou la vie des fois… Faut croire qu’on a vraiment de bonnes idées. Merci pour ton soutien et l’intérêt que tu portes au groupe.

http://supertimor666.free.fr

DEPECHE MODE "Live..." MCD. 1993


Alors que j'étais un adolescent, que je connaissais peu de choses à la musique, une cousine a eu la bonne idée de passer ce MCD avant un repas de mariage ennuyeux...
C'était une période emplie d'assez nombreuses découvertes musicales marquantes, j'allais très prochainement avoir la joie de découvrir mon cousin dansant pendant le repas de mariage, sur un morceau de Skinny Puppy passé à haut volume; puis d'entendre quelques morceaux militaristes de LAIBACH... Mais ce fut alors le moment de découvrir quelques morceaux de DEPECHE MODE qui ont fait leur petit effet. Quand "Enjoy the silence" est passé dans la chaine, j'ai été envahi d'une sorte d'impression alors étrange, comme si la musique (Les quelques notes de guitare survolant les nappes de synthétiseur) et le chant de Dave Gahan étaient évidents, coulaient de source; comme si je les avais en quelque sorte toujours connus et que ça correspondait parfaitement à un ado un peu paumé. Je me suis donc assez accroché pendant un temps à cette période de DEPECHE MODE, les morceaux live et les visuels (presque grunge) donnant une impression de groupe de rock... Impression pas représentative de l'ensemble de leur discographie (La découverte d'un ancien MCD du groupe, presque 'dance/ pop éléctronique', fut assez troublante lol), mais bon...
Ce MCD contient donc 4 enregistrements live des morceaux "Condemnation", "Personal jesus", "Enjoy the silence" et "Halo" qui sonnent un peu plus chauds et organiques que sur album studio.
C'est un bon petit MCD digipack, qui ne contient que des bons titres, et qui fut pour moi une bonne introduction à DEPECHE MODE. Il fait toujours sont petit effet de temps en temps, surtout que le groupe a des moments qui fonctionnent sacrement bien...

DANZIG "Thrall-Demonsweatlive" MCD. 1993


Ce MCD m'avait fait découvrir DANZIG à l'époque, la pochette efficace de Bisley ayant pas mal aidé à attirer mon attention. Il est composé d'une "face" studio (Thrall) et d’une "face" live (Demonsweatlive), contenant respectivement 3 et 4 morceaux.
Les titres studios (2 originaux et une reprise) sont dans le style habituel des premiers albums de DANZIG: Une sorte de hard rock sombre assez simple, avec des touches blues, rock'n roll (dans les gammes) et les vocaux de Glen Danzig apportant pas mal de personnalité à l'ensemble: Le petit colosse sur patte, ou boule de muscle pour les intimes, a un chant assez profond, il n'hésite pas à gueuler, à "vocaliser", et se retrouve assez souvent dans des sentiers croonesques proches de Jim morisson.
L'ambiance globale qui ressort des albums de DANZIG est assez noire, évoquant des sentiments comme le blues, la rumination, le broyage de noir, mais sans jamais tomber dans l'extrême.
Leur musique est assez basique, un peu comme une sorte d'AC/DC en plus noir et un peu plus dur, c'est d'ailleurs assez étonnant de pouvoir faire quelque chose de si simple qui fonctionne (Peut-être en grande partie grâce aux vocaux).

Les morceaux live montrent une facette de DANZIG qui n'apparaissait pas sur leurs premiers albums plus froids, presque cliniques, comme des statues de pierre dont des nuages de carbone presque rock'n roll s'échapperaient à foison... Le tout est ici plus énergique, on sent que ça transpire, Glen Danzig pousse encore un peu plus sur ses cordes vocales, et le hard rock du groupe prendrait presque une tête cornue de heavy metal teigneux.
Le choix de ces morceaux live est plutôt bon; "Snakes of christ" et "Am I demon" sont des morceaux de hard efficaces, "Sistinas", moins évident pour le hardos, est une sorte de ballade permettant de faire ressortir le côté crooner (Le petit truc sympa est là, dans le vocaux, mais il faut encore apprécier...), et "Mother" était le "Hit" qui a permis au groupe de toucher un peu plus que des fans de hard/ heavy convaincus. (Le côté crooner du heavy me fait assez délirer sur ce morceau).

C'est un bon petit MCD qui serait pas mal pour découvrir le groupe, et qui a sûrement bien fait son travail d'encas tout à fait correct à l'époque.

ALICE COOPER "School's out" LP. 1972.


Je me souviens avoir découvert cet album (Avec la pochette se dépliant en forme de table d'écolier) en fouinant dans la discographie de mon père... Il possédait pas mal d'albums, des trucs assez variés pas toujours glorieux... Mais j'ai directement été scotché par celui-ci! A cette époque, il n'était pas évident d'avoir accès à des musiques dites "obscures";  un certain côté sombre et un malaise emplissant l'ambiance de cet album collaient parfaitement à un ado un peu paumé et à un monde imaginaire emplis de bandes dessinées de science fiction, de dark fantasy... L'album est alors passé en boucle dans mon walkman et ma chaîne Hi-Hi... Presque jusqu'à usure de la K7 audio! héhé
ALICE COOPER, qui était alors un groupe au complet, avec des musiciens à part entière, évoluait dans un rock principalement basé sur du hard rock, mais toujours varié, et bien joué (voir orchestré par moments).
Au sein de certains titres, qu'on pourrait qualifier de morceaux à tiroirs pour l'époque, on pouvait passer du hard rock bien crunchy, à des moments de lassitude bluesy, du rock "de comptoir" assez populaire, des influences hippie... Voir des influences musique classique... Certains morceaux avaient plus un goût de balade acoustique, ou de bande originale de film type bagarre de rue. Bref, les thèmes et atmosphères étaient variés.
Au niveau instruments, le groupe n'était pas limité à la guitare/ batterie/ basse: piano et cuivres, par exemple, apparaissaient souvent.
Le vocaux de Vincent Furner étaient bien placés, pas mal sentis avec quelques accroches plus marquantes, avec par moments un côté reflétant un malaise, ou une approche plus narrative (Qui pourrait rappeler une sorte d’ancêtre étrange comptant des histoires effrayantes à de jeunes enfants).

Quelques albums plus tard, le vocaliste a viré les autres musiciens pour continuer plus ou moins seul, dans un style encore plus varié (et donc moins hard rock)... Puis vers le début années 80, grosse débacle et radicale perte d'inspiration qui l'ont mené à sortir pas mal de daubes popisantes!
Puis, au milieu dans années 80, il revint à un style plus proche du personnage: du heavy/ hard typé US (Avec tous les clichés de l'époque: Permanentes phosphorescentes, poudre rose aphrodisiaque, collants à résilles clignotants, grosses motos surcylindrées, filles faciles surcalibrées à tous les niveaux... Ah Ah! J'en rajoute à peine) et avec des morceaux mieux foutus.

Bref, "School's out" est un des meilleurs albums d'ALICE COPPER période années 70. Ce n'est pas forcément celui contenant le plus de "hits", ou le plus reconnu (J'ai un doute), mais une ambiance assez malsaine, ou un côté déluré se dégagent de pas mal de morceaux, ce qui pourrait plaire à pas mal de fans de rock qui aiment quand ça péte pas mal, qui aiment le côté un peu sombre et qui ont du mal avec pas mal de "niaiseries" des années 70... Le choix entre "Killers", "Billion dollar babies" et celui-ci ne serait pas évident... Ca serait probablement une question de goûts...


21/12/2008

MUCKRACKERS - Interview Décembre 2008

MUCKRACKERS - Interview Décembre 2008 - Industrial





INDUSTRIAL HARSH PUNK

1. Salut ! Quoi de neuf chez les MUCKRACKERS? J'espère que tout se passe bien... Raconte nous ce qui s'est passé dans la vie du groupe dernièrement...

On rentre tout juste d’une résidence de 5 jours à Charleroi en Belgique, où on a tourné un clip dans une ancienne usine sidérurgique, les Forges de la Providence, et aussi donné un concert avec Beinhaus et Pneumatic Head Compressor entre autres. Depuis septembre, on a joué un peu partout, Allemagne, Pologne, Belgique…

2. Votre dernier album est sorti il y a un petit moment, alors comment sont les retours? Il a été plutôt bien accueilli ?
[Uckange_4] est sorti en avril, il y a donc un peu plus de six mois. Plus de 600 copies sont dans la nature, on est donc satisfait du chemin parcouru, et des retours. Le message semble passer, on a réussi à toucher des gens qui ne connaissaient pas le groupe jusque là, notamment je pense grâce à un bon papier et à une interview dans Noise.

3. C'est le résultat de combien d'années de composition ? Seulement du neuf, ou aussi quelques anciens titres retravaillés...?
Il a fallu en tout deux ans pour le mettre en boite, avec des titres entièrement neufs, à l’exception de Flug qu’on a remis au goût du jour, et de Blast Furnace Valley qui figurait au départ sur le premier album sous la forme d’un morceau de 45 secondes, on en a fait une version de 15 minutes qui clôt [Uckange_4]. Deux ans c’est long, mais comme on fait tout nous-mêmes, enregistrement, graphisme, distribution etc.… ça prend du temps pour faire les choses correctement !

MUCKRACKERS - Interview Décembre 2008 - Industrial


















4. Apparemment, tous les samples vocaux de cet album viennent bien de documentaires et de journaux TV d'époque... Ca a du prendre pas mal de temps pour retrouver tout ça, vous vous êtes servis où ? Vous avez peut-être même poussé le vice en allant sampler des bruits mécaniques ou métalliques dans les usines du coin ?
C’est effectivement une tâche compliquée de trouver tous ces samples de voix, ça prend beaucoup de temps, et il faut être très minutieux. Mais ça paie, parce que notre son est bâti là dessus, et le message passe entièrement dans l’utilisation de ces voix. Rien n’est gratuit dans leur utilisation, on ne met pas un son d’une usine sur un morceau qui parle d’une autre. En dehors des sons (percus, larsens, bruits électroniques divers) qu’on fabrique nous-même, les sons « concrets » eux proviennent d’enregistrements dans les lieux même dont on parle dans les morceaux : sur Blast Furnace Valley qui évoque la situation de la sidérurgie à Longwy, on a utilisé des sons provenant de la tôlerie forte de Mont Saint Martin. Idem pour les sons de manifs etc. : notre approche de l’utilisation des samples de voix, c’est presque un travail documentaire, avec une démarche modeste en la matière, tout de même ;)

5. Apparemment vous êtes toujours autoproduits, pourtant c'est un peu compliqué de faire circuler 1000 exemplaires d'un CD... Pourquoi ne pas avoir de label actuellement ? Pas d'offre intéressante, ou c’est un choix ? Vous avez écoulé actuellement combien d'exemplaires du dernier CD ?
On est des punks, on préfère faire tout nous-mêmes : Do It Yourself, dans une démarche non profit. Au fil des ans et des sorties de disques, on a constitué un bon réseau qui permet d’écouler nos disques sans trop de problème. Pour l’instant, on a vendu 400 exemplaires du dernier en 6 mois, et toutes les autres productions de Muckrackers sont épuisées. Ça permet de faire en sorte que le prix de nos disques reste bas : 10 euros pour un CD, 5 pour un CDr (port compris, partout en Europe). On est présent dans des distros qui fonctionnent dans le même esprit, et on a des coups de mains d’autres labels, assos… L’entraide et la solidarité, ça marche, la preuve ;)

6. Votre concept sur les mines de Lorraine est assez intéressant... C'est assez rare ce genre de thème sur des choses régionales, pourtant il y a des choses à dire... Suis un peu étonné qu'aucun autre groupe de votre région n'en ait parlé... Tu peux développer un peu ce concept pour donner une idée aux lecteurs ?

L’idée principale, c’est de faire en sorte qu’on n’oublie pas les ouvriers, mineurs et sidérurgistes lorrains. A l’heure où l’industrie disparaît dans notre région, on veut rappeler que c’est grâce au travail de centaines de milliers de Lorrains que la France a pu se relever après la guerre, et faire parti des pays riches de cette planète. On refuse que la mémoire de nos pères tombe dans l’oubli, et on fait tout pour être digne de leurs luttes.

MUCKRACKERS - Interview Décembre 2008 - Industrial



















7. Les MUCKRACKERS sont un peu des survivants d'une époque ou le métal indus était bien différent d'aujourd'hui... Et ça se sent assez dans votre style, qui est moins moderne et plastifié que pas mal de groupes actuels... Tu te retrouves pas trop dans les groupes actuels, ou c'est une sorte de hasard ? Ou juste une impression personnelle ?
Sincèrement, je n’ai pas le sentiment d’appartenir à un genre aussi cloisonné, et encore moins de faire du metal. Je considère ce groupe comme une machine hybride, basée sur l’énergie punk, et alimentée par l’électronique plutôt que par les seules guitares. Dans ce créneau là, c’est vrai qu’il y a très peu de groupes actuels qui retiennent mon attention, je préfère largement Sielwolf, Dogpile, Bile, Peace love and pitbulls, Fudge Tunnel, Pore, Fetish 69 etc, et toute la scène noise indus des 90’s… mais c’est surtout sur le fond plus que sur la forme que j’adhère pas trop à ce qui se fait aujourd’hui : la démocratisation du matériel a permis à plein de gens de faire de la musique et c’est une très bonne chose, malheureusement, elle a aussi permis à un tas de groupes qui n’ont pas grand-chose à dire d’avoir une exposition médiatique qu’ils ne méritent, au fond, vraiment pas. Brailler « je suis pas content » sur mur de disto, avec des beats cadencés, je vois pas l’intérêt… Cela dit, je suis fan de Dee n’Dee, Pneumatic Head Compressor, Haeckeflosse, Mind Disruption, RBMK, des groupes actuels, qui méritent largement qu’on jette une oreille sur eux. Des groupes avec un message revendicatif fort, argumenté, sérieux, qui existent depuis des années, et qui n’ont pas perdu un gramme d’énergie en route…

8. L'avantage de ne pas faire une musique trop électronique et compliquée fait qu'on peut reproduire tout ça en live, et pas être trop concentré, on peut envoyer la sauce... Vu votre style, je pense que vous aimez les concerts... Vous en faites souvent ? Avec des groupes de plutôt quel style en général ?
Je t’invite à venir nous rejoindre sur scène, tu verras si nos morceaux ne sont pas compliqués à jouer ;) Störung à la basse, doit jongler avec 7 accordages différents tout le long du set ! Pour que la machine soit lancée à fond la caisse en live, il faut soigner les détails, et la mise en place. Pas si évident que ça, à mon sens. Mais on adore ça, effectivement : ça permet de faire passer le message directement, sans intermédiaire, de la manière la plus brute et la plus forte possible. On utilise des décors, des projections vidéo… viens nous voir !

9. Les MUCKRACKERS ce n'est pas qu'un groupe de musiciens, dis-nous en plus.
Le nombre de membres du groupe n’est pas défini, leur identité non plus. Il varie entre 2 et 6, suivant les envies, les projets… Au-delà, Muckrackers s’inscrit dans un collectif qui s’appelle Compagnie RF36, qui regroupe des musiciens, graphistes, photographes, vidéastes, plasticiens etc. Là non plus, c’est pas un cadre rigide, suivant les lieux où Muckrackers joue, on expose des photos, on colle des affiches, on diffuse des vidéos, de 2 à 15 personnes, ça change tout le temps. Seul le message reste le même : nous luttons pour la Lorraine vive.

10. Que veut dire votre nom au fait ? Pour moi, un rack permet d'empiler des serveurs informatiques... Donc vous êtes des empileurs de mucus ou j'y comprends rien ?

Tu aurais au moins pu lire la bio sur notre site web, feignasse ;) Muckrackers signifie « fouille-merde » en anglais. Ce terme a désigné les journalistes de caniveau avant de cesser d’être péjoratif dans les années 70, quand on l’a utilisé pour décrire le travail de Bob Woodward et Carl Bernstein, les deux journalistes du Washington Post qui ont fait tomber Nixon grâce à leurs investigations dans l’affaire du Watergate.

11. Vous jouez dans d'autres groupes à côté ? Peut être dans des styles très différents... Quelque chose est sorti ? Peut-être que vous profitez de ces projets pour remixer les Muckrackers... Tu es adeptes des remixes ? C'est quelque chose que tu chercherais, ou bof sans plus ?
Störung (basse, voix, programmations) a joué dans Anorma (harsh metal) jusqu’à ce que le groupe explose, et il joue toujours dans ZNO (electro). Moi je n’ai pas d’autres occupations que Muckrackers, je n’en cherche pas d’ailleurs, je ne sais faire que ça. Quand aux remixes, on en a fait, on en a demandé, mais j’avoue que l’exercice m’a rarement plu au final, à quelques exceptions, notamment ceux de Shizuka, ou Beinhaus. Je préfère faire des splits ou des versus, et composer directement avec les groupes, essayer une confrontation, plutôt qu’une relecture d’un truc déjà fait.

12. Que penses-tu de la scène industrielle française actuelle ? Si on peut parler d'industriel ou de métal indus, tellement ça a changé... Depuis l'arrivée de myspace, c'est devenu difficile de se faire une idée de l'étendue d'un mouvement précis, voir de l'influence de certains groupes ou webzines/ magazines... Tu apprécies quels groupes français qu'on pourrait appeler "industriels" ? Des révélations à ne pas manquer, où il faut plutôt aller voir à l'étranger pour trouver un truc bien à ce point ?
Encore faudrait-il s’entendre sur ce que signifie le terme « industriel » comme genre musical… Pour la majorité des groupes qui s’en réclament, ça consiste à balancer quelques samples et boucles électroniques sur des morceaux typés rock au sens large. Bof. Nous on règle le truc comme ça : on est né au pied des hauts fourneaux, à côté des usines, on est donc industriel au sens premier du terme, né de l’industrie, dans un univers sale, désespéré et bruyant. Et on fait une musique sale, désespérée et bruyante. Ça correspond pas à la définition historique écrite par Throbbing Gristle et consort, mais je m’en tape, c’est la nôtre, c’est nos racines, point barre.J’aime un tas de groupes français qui se réclament de l’indus, mais qui n’en font pas ;) Sinon, je t’ai déjà cité quelques groupes, je m’y tiens. Pour moi, les groupes les plus inventifs du genre sont en Pologne actuellement, ce pays fourmille de projets industriels très aboutis, avec une audience nulle en dehors de leur pays, hélas… J’adore RBMK, Jude, Wronghead. En Allemagne : Beinhaus et Fluttwacht. En Belgique : Le Moderniste, Deuterror.



13. Les fanzines papiers ça te manque ou pas? Peut-être qu'Internet suffit...

Ah si carrément, les zines papiers ça me manquent à fond, je lis rien sur Internet, la plupart du temps c’est de toute façon très mal écrit. J’aime bien Noise, qui est évidemment plus un magazine, mais avec un esprit fanzine, très ouvert, non-conformiste, qui cherche à faire découvrir sans bourrer le crâne. Sinon, en « vrai » zine, j’aime bien Burnout, fait par un passionné que tu connais sans doute : Phil ex-Submerge, et puis « Six mois aux chiottes » de notre camarade lorrain Flo du groupe Meni Helkin, ex Dead for a minute. Deux zines très bien écrits, documentés, passionnés…

14a. Si les MUCKRACKERS étaient un outil de bricolage, lequel seraient-ils ? Et Pourquoi ?
Un fer à souder. On fait aussi nos pédales d’effets et nos câbles nous-mêmes ;)

14b. Si les MUCKRACKERS étaient une grosse machine d'usine métallurgique (Ou autres), laquelle seraient-ils? Et Pourquoi ?
De toute façon, on ne sera jamais aussi fort ni bruyant qu’un laminoir, mais j’aimerais bien qu’on s’y mesure un jour ;)

14c. Si les MUCKRACKERS étaient un fruit, lequel seraient-ils? Et Pourquoi pas? :-)
Une mirabelle, parce qu’on est lorrain ;)

15. Voilà, si tu as quelque chose à ajouter c'est ici... Dis-nous en plus sur vos futurs projets, et merci pour les réponses.
Merci pour ton intérêt et ton soutien ! On ne dévoile jamais nos projets à l’avance, on apparaît, on disparaît, et hop ;) mais toutes les infos nous concernant sont sur notre site web, qui regorge de sons, de clips vidéo, et de photos etc. : http://muckrackers.org/! ENJOY INDUSTRIAL HARSH PUNK !

07/12/2008

SKULLFLOWER - "Pure imperial reform" CD. 2008.

Ne connaissant pas le passé musical de SKULLFLOWER, mais seulement son nom, je ne ferais pas de présentation et on passera brutalement dans le vif du sujet: Le bruit! Ce projet diffère ici assez fortement de la scène harsh noise actuelle aussi bien dans la forme que dans le fond. "Pure imperial reform" est un noise à base de guitares chaotiques, sur fond de bruits industriels old school, qui pourrait sonner comme un groupe de black ou de vieux death metal auquel on aurait amputé les rythmes, les riffs et les vocaux... Il ne reste qu'un chaos relativement "contemplatif" (Intepretation personnelle).
Ce contenu pourrait sonner comme les introduction assez infernales d'albums comme "Blessed are the sick" de MORBID ANGEL ou "Utopia banished" de NAPALM DEATH dans une moindre mesure... Mais en citant ABRUPTUM, le missile enflammé tomberait encore plus proche de la réalité (Le bruitisme dissonant me rappelle un ancien album de ce projet écouté il y a une dizaine d'années, et on retrouve un certain même goût pour l'occulte)... Le goût pour l'occulte, le mystérieux et le sombre, en ce sens SKULLFLOWER diffère de la scène noise actuelle (Qui semble moins portée sur l'obscurité que sur la violence), et se rapproche plus de certains enregistrements dark ambiant, tout en étant un peu plus "métal" quelque part.Le contenu du CD est donc bruyant, mais finalement pas aussi destructeur qu'on pourrait l'imaginer; Il est peut-être plus propice à une forme de relaxation caverneuse, de méditation concentrée sur certains thèmes extrêmes ou tensions internes, qu'au démontage de crâne.Certains pourraient trouver le contenu très répétitif (C'est fait de la même façon tout le long d’un long bloc (Il y en a trois)) alors que d'autres y trouveront un perpétuel changement (Ca se ressemble mais ne se répète pas vraiment... Et pourrait donc aider à créer une forme d'hypnose).Finalement, pas de conclusion définitive, mais des avis un peu divergeants (Qui ne sont pas spécialement déçus) et une agréable sensation de défoulement.

MUCKRACKERS - "Uckange_4" CD. 2008.

MUCKRACKERS est un ancien groupe de survivants de l'époque ou le métal indus ressemblait encore à un hybride de métal et d'industriel... Et ça se sent dans leur musique, dans certaines approches et ambiances brunâtres qui le font presque comme si on était 10 ans en arrière, et ça me plaît!
Ce disque bâti autour d'un concept sur les mines en région Lorraine contient pas mal de moments purement industriels, dans le style premier du terme: Tu sens la lourdeur et la puissance de la machine qui broie l'être humain, à force de longues heures d'un travail épuisant... Puis ça drone sur la rouille et la machines larsennent...
La musique du groupe contient également beaucoup de passages plus métalliques, qui ressembleraient à une sorte de FEAR FACTORY ("Demanufacture") auquel on aurait soustrait le côté "Jeu vidéo/ futuriste" et qui prendrait une tournure un peu plus rapide, un peu plus punk dans l'esprit, ou assez tribale par moments...Le côté bien compressé mêlé au fait que ça gueule pourrait les faire sonner comme un groupe de Death metal industriel d'époque, alors que l'esprit de certains moments rapides pourraient sonner (en très gros) comme les BERURIERS NOIRS qui auraient découvert une pédale de distorsion qui sature correctement... Puis on retrouve des gimmicks plus habituels pour les groupes du style, comme des influences PITCH SHIFTER ("Dehumanized"), de la lourdeur à la GODFLESH ("Streetcleaner"), quelques restes du premier PEACH LOVE & PITBULLS ou des touches electro abordables comme du DAS ICH. Par moments le groupe bosse sur les répétitions, et devient tantôt entêtant tantôt abrutissant... Un peu comme un hybride mi-machine mi-tribale qui va finir par faire rentrer le message à force de te pilonner le tête à coup de marteau.J'apprécie le fait que le groupe ne soit pas tombé dans le piège du "métal indus" surproduit et plastifié... Ils ne se sont également pas fait fourvoyer par la compliquite vaine ou le maniérisme éléctro actuel, mais gardent une certaine place pour la violence et pour l'instinct tout en utilisant un langage compréhensible par plus que quelques spécialistes...
"Uckange_4" est un album qui le fait bien, avec un concept assez intéressant... Mais même si l'ensemble se tient plutôt bien, je regrette quelques longueurs ou un manque de "refrains" dans certains passages plus métal indus (Ca pourrait mener le groupe bien plus loin au niveau impact auditive)... Maintenant si vous êtes amateurs du style, je pense que vous pourriez trouver des choses à votre goût ici.

ANIMAL MACHINE - "Scapegoat" CDr. 2008.

Allez, juste pour la provoc: "Wall of noise is musical fascism".
Maintenant que je viens de gagner 50 lecteurs, je peux explorer cette démo qui ne fait pas partie du mur du bruit... C'est plus varié, plus dynamique et aussi plus expérimental. Le tout basé sur des sons bien saturés propose un noise qui part un peu dans tous les sens et enfile à la suite des idées plus ou moins sympathiques, sans néanmoins sonner trop éclaté. On retrouve des oscillations assez frénétiques de fréquences, des saturations assez puissantes et quelques cassures assez surprenantes... Mais aussi des moments plus bofs, car plus mous ou trop communs...ANIMAL MACHINE est un peu mieux que la moyenne des projets noise évoluant dans un style proche (Disons, harsh noise ou power electronics) mais c'est pas non plus génial ou loin devant... Il doit leur manquer une structure qui veuille dire quelque chose (Car même si l'ensemble est plutôt pas mal enchaîné, y'a pas vraiment d'histoire là dedans) et un petit coup de lifting en plus pourrait faire passer l’ascenseur du bruit au niveau supérieur.
En tous cas, ils ont capté qu'on pouvait trouver des sons intéressants en branchant les capteurs sur le cœur artificiel du grand-père, ce qui me mène à penser qu'ils auraient un truc à développer dans le futur! ANIMAL MACHINE ou le 1er projet noise qui secoue vraiment le troisième âge? Hé Hé
Non en fait le sujet porte plutôt sur la chirurgie esthétique mammaire apparemment létale, une gravitation perpétuelle sur-stimulée au sein de l'abysse, et d'autres choses sympas comme le lien de parenté entre l'hypothalamus et l'hippopotame (?)... Comme quoi le bruit peut aussi mener à des conclusions qui buggent...