28/12/2009

MICK HARRIS: INTERVIEW 1998. PEACE WARRIORS Zine #8








+++++++++++++++++++++++++++++++++++JONGLANT TOUR A TOUR ENTRE SA BATTERIE ET SES MACHINES AU SEIN DE DIVERS PROJETS DE NAPALM DEATH A PAINKILLER AUX COTES DE JOHN ZORN ET BILL LASWELL, MICK HARRIS EST SURTOUT RECONNU POUR AVOIR ETE LE FONDATEUR DU GROUPE SCORN. DANS SA MUSIQUE, NOTAMMENT SUR DISQUE, LA VIOLENCE JADIS DEPLOYEE A PEU A PEU LAISSE PLACE A DE PROFONDES NAPPES SONORES PARFOIS AMBlENT OU PLUS DUB, SOUVENT HYPNOTIQUE AVEC DES BOUCLES QUI SE REPETENT, S'ENRICHISSENT, SE GONFLENT, CREANT ALORS UNE MATIERE FLEXIBLE. MICK HARRIS PRIVILEGIE L'ASPECT RYTHMIQUE, JOUANT SUR DE CONSTANTS DECALAGES ET CONTRETEMPS SUR LESQUELS FLOTTENT DES BRUMES DE SAMPLES SOUVENT SOMBRES ET OPPRESSANTES.++++++++++++++++++++++++++++++++++++

A la sortie de chaque nouvel album de Scorn, on découvre une approche musicale différente. Est-ce une constante de l'évolution du groupe?

Je ne m'attache pas à un style précis, mais à une idée. Scorn développe un fil conducteur sur lequel se greffent plein de sens, qu'ils soient complexes ou pas. le travail s'effectue essentiellement sur des changements autour de la palette sonore et du rythme qui évolue d'un disque à l'autre. C'est à ce niveau-là que Scorn a évolué et que les enregistrements se sont plus orientés vers le style de "mixages sonores". L'enregistrement d'un album nous apprend quelque chose de nouveau ce qui nous amène par la suite à procéder autrement, aller vers autre chose naturellement et ainsi de suite, c'est assez simple finalement.
Est-ce peut-être plus effectif, plus productif de procéder de la sorte?
Peut-être je ne sais pas. Je n'écoute pas les anciens albums. Je continue juste à travailler les nouveaux morceaux, à les pousser plus loin pour arriver à une finalité qui me satisfasse!
Auparavant, tu jouais de la batterie avec Napalm Death, et maintenant avec Painkiller. Quelles différences ressens-tu par rapport à ton travail dans Scorn?
Bien sûr, c'est différent, car jouer de la batterie c'est réellement plus physique, alors que l'électronlque c'est quand meme plus mental. Mais je crois que ma façon de travailler avec Scorn, c'est-à-dire programmer des claviers pour créer des rythmes, des matières, des ambiances. est assez semblable de mon approche de la batterie ou de la basse dans une formation.
Sur les anciens albums de Scorn, on pouvait encore entendre des chants des voix, puis à partir d' "Ellipsis'', plus rien!
La ligne de guitare basse et les voix ont disparu lors du départ de Nick Bullen. J'ai aimé travailler avec lui mais je n'ai pas voulu le remplacer au sein de la formation, son départ a ouvert une nouvelle perspective pour Scorn. L'idée était de toujours miser sur les atmosphères, le fait de supprimer les voix et les parties de basses n'avaient aucune influence sur le devenir de Scorn.

Sur scène, tu ne joues pas les titres des premiers albums de Scorn. Est-ce à cause des voix justement?
Non, ce n'est pas à cause de cela. C'est vrai que je pourrais retravailler ces morceaux en faisant des versions concerts, mais je ne vois pas l'intérêt de rejouer des vieux thèmes d'il y a déjà cinq ans.







Un moment en France, on a comparé Scorn et Godflesh. Cela fa-t-it irrité?
Non, pas du tout.
Vois-tu encore Justin Broadrick ?
Non, car en fait il a déménagé à Londres.
Serais-tu prêt à travailler de nouveau avec lui?
Peut-être que cela se produira, je ne sais pas. J'aime la manière dont Justin Broadrick travaille, il apporte ses propres sons. Je préfère ses projets extérieurs à Godflesh. Sur un plan technique. cela reste très bon.
Tu as quitté Ie label "Earache" sur lequel tu as enregistré un certain nombre, de disques, pour aujourd'hui enregistrer sur KK Records. PourquoI ce changement de label?
En fait: j'avais.signé un contrat de cinq ans avec le label ''Earache'', je pensais que Si Je voulais partir, Earache ne serait pas d'accord. Ils m'ont permis de le faire après la sortie de l'album "Logghi Barogghi".
Serais-tu prêt à réenregistrer pour ''Earache''?
Non, je ne le pense pas, ma décision a été définitive.
D'anciens maxis viennent d'être redistribués. Est-ce que cela va se reproduire à l'avenir pour d'autres vieilles productions désormais introuvables?
En effet, quelques maxis sont ressortis sur mon propre label "Possible Records", un autre va bientôt sortir, puis un suivant appelé "Beat" (Quatre titres). Il y a d'autres choses qui sortiront sur ce label, des enregistrements d'autres groupes que l'on retrouve mentionnés sur le catalogue.
Tu as produit le groupe "Sielwolf"?
Non, je ne l'ai pas produit. J'ai travaillé avec eux, ils avaient de bonnes idées. Ils voulaient juste que j'intervienne uniquement au mastering. On a donc réalisé le mixage final ensemble et ils en ont été très contents.
Composer t'apporte-t-il un sentiment d'accomplissement?
Oui, c'est sûr, cela me permet de tout oublier et de me sentir investi dans quelque chose. Après le travail en studio, j'attends les concerts, c'est ce qui se passalt avec Painkiller. En concert, il est possible d'improviser, ce qui explique que Je les préfère.
Une composition doit-elle être impulsive ou bien répond-elle à une structure bien déterminée au préalable?
Entreprendre une composition vient naturellement. J'avance en travaillant à partir d'une idée de base. J'aborde une composition par un son de guitare basse ou par un rythme programmé. C'est le point de départ, un petit quelque chose autour duquel je vais travailler. Je travaille avec un programmateur, donc je ne perds pas trop de temps sur les structures de bases. Mais cela dépend aussi sur quel morceau je travaille, il arrive parfois que je procède totalement différemment.
Te sens-tu influencé par la scène électroacoustique?
Oui, c'est sûr, cela fait partie de mes influences.
Tu sembles également être intéressé par les musiques minimalistes?
Oui, c'est vrai. Mais dans mes compositions, les structures restent simples les rythmes sont la base, ceci dit je trouve intéressant la façon dont certains musiciens travaillent l'électronique. J'essaie de suivre ces scènes autant que je peux. Créer une ambIance à partir d'un seul son, m'a toujours intéressé. Si je travaille actuellement sur l'électronique, c'est aussi par envie de renouveau dans ma musique.
De plus en plus de musiciens sont tentés par la technologie musicale. Qu'en penses-tu?
Cela devient de plus en plus un challenge. Mais c'est aussi plus facile, les machines sont plus performantes, les prix commencent a être abordables et tout cela va très vite. Cela va peut-être renforcer le côté extrême de certaines musiques. J'aime la techno, mais c'est autre chose, ce n'est pas comparable. La scène des musiques électroniques commence tout juste à expérimenter d'autres choses. La techno, elle, sera plus limitée dans le domaine de la recherche.
Tu travailles régulièrement avec Bill laswell. As-tu d'autres projets avec lui?
Oui, probablement. C'est une question de temps. Pour l'instant, nous sommes tous deux très occupés, mais nous restons en contact.
Serais-tu intéressé pour composer la musique d'un film?
Oui, travailler sur la musique d'un film pourrait bien m'intéresser. J'aimerais beaucoup m'investir dans ce genre de choses. La musique électroacoustique serait par exemple tout a fait adéquate pour la musique d'un film.
Quelle expérience gardes-tu en tant que musicien?
J'ai appris seul à jouer de la batterie, je suis totalement autodidacte. Au début, je répétais chez mes parents dans un petit local en dehors pour que cela soit plus pratique. J'ai appris également seul sur le tas tout ce qui touche à l'électronique et l'enregistrement en studio.

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