16/02/2008

THE YOUNG GODS - "L'eau rouge" CD. 1989.

L'eau rouge est mon album des YOUNG GODS préféré.
Ce n'est pas le plus accessible, ni le plus complexe, ni celui qui a eu le plus de succès... Mais l'essentiel y est: L'émotion intense, la personnalité marquée à de nombreux niveaux et une approche décalée jamais forcée.
D'un côté, on trouve les morceaux plus typiques des YOUNG GODS qui évoluent entre métal indus, rock indus et electro indus froide. Les guitares sont toutes samplées puis reprogrammées (Ce qui sonne de façon très mécanique et froide dans les parties les plus rock, ou de façon étrange quand l'esprit est plus electro). La boite à rythme très carrée, froide, amplifie le côté mécanique sans être robotique. L’énergie peut rappeler une course vers la liberté de chevaux fraîchement déchaînés, une frénésie nocturne couplée d'une peur angoisse, alors que des poussées d’adrénaline hallucinées montent, montent, et font prendre à la recherche de pureté un côté presque salvateur.
De l'autre on trouve quelque chose de bizarre, une ambiance et un état d'esprit bien spécifiques à certains morceaux de cet album: Un sentiment intérieur étrange, parfois presque introspectif ou onirique, parfois populaire mais décadent (Comme un vieux mendiant qui jouerait de sa boite à musique à la manivelle tout en récitant des textes au sens plus très commun, ou la musique d'un cirque pas très catholique).
Sur ce disque, le groupe a tendance à utiliser des samples de musique classique bien intégrés, ceux ci donnent un côté classe et soulignent une certaine volonté de liberté qui se dégage déjà de la pureté du classique à la base.
Le chant reste une des particularités très fortes du groupe, aussi bien pour la façon dont sont prononcés et chantés les mots, que les textes en eux même qui continuent de m'interpeller par leur côté ambigu (Est-ce un chant primaire d'homme libre? Dans son monde chaque mot semble avoir plus de lourdeur émotionnelle et de signification que la normale, et certaines entités comme la nuit semblent avoir une conscience propre...). Parfois je vois un homme de Neandertal des prémices des toutes premières tribus qui se retrouverait téléporté dans un monde moderne plastifié, ou tout est de Plexiglas bien transparent... Ou serait-ce un asile?
Ecouter cet album avec des oreilles trop ancrées dans ces dernières années, ou le modernisme technico électronique et la superproduction règnent sur les ventes, et crier au déjà entendu/ déjà fait serait une sanglante erreur: Cet album est techniquement épuré de toutes idées pas vraiment utiles aux morceaux. Il demande et propose un retours vers les sensations humaines initiales, vers la pureté, la liberté. Rester ancré dans le contexte actuel ne permettrait pas d'entendre le résonnement de l'esprit des sons, ni l'ambiance et l'état d'esprit qui sont quelque part en opposition avec le contexte musical actuel.
Ce disque est franchement classe, même 19 ans après... J'avoue avoir un peu de mal à en faire une chronique claire et parlante, car ce qui s'en dégage me dépasse un peu... Mais une chose est sure: Ce groupe déchire et “L’eau rouge” est quasi excellent!

Aucun commentaire: