13/12/2007

MICK HARRIS/ MARTYN BATES - “Murder ballads (Drift)” CD. 1994.


Il y a des disques comme ça qui se baladent dans les bacs d'invendables, dont les prix ont été revus de nombreuses fois à la baisse, et dont les pochettes "horribles" ou minimalistes laissent imaginer tout sauf quelque chose d'intéressant (Dans le cas présent... J'avais au premier abord pensé à un disque de relaxation minimaliste et sans âme, à une vieille réédition de musique classique cheap jusqu'à l'os, ou une compilation de comptines pour enfants...)... Et pourtant... Remis dans le bon contexte, ce disque pourrait actuellement valoir une petite fortune.
On est en présence d'un des nombreux projets de Mick Harris. Celui-ci a touché à de nombreux styles dans l'électronique et l’expérimental, en proposant des résultats contenant plus ou moins de qualité... Dans le cas présent, on est plutôt au niveau de la chose curieuse qui tend parfois vers le bon, que de l'enregistrement marquant (En somme, on a évité le pire).
Cet album pourrait être résumé et décrit simplement, avec la phrase qui suit: "Sur fond de samples abstraits créant des ambiances assez froides et inquiétantes, sont placés des vocaux féminins alternativement chantés ou parlés".
L'ensemble est relativement reposant, certains samples de fond créent des ambiances presque aquatiques (Avec des sortes de vagues s’entremêlant au plus profond de l'océan... Voyage dans le vieux sous-marin coulé depuis 30 ans...) alors que d'autres sont plus aériennes et évoqueraient chez moi des terres désertiques battues par la froideur des vents du Nord (Avec un petit effort d'imagination, on pourrait voir en certaines parties une sorte de litanies post apocalyptiques évoquées par des paroles lancinantes pleurant l'humanité défunte, sur fond de vide pur et de bruits crées par des vents tourmentants les dernières traces de toute civilisation... Mais j'ai fait un effort ;-) )
Le titre du CD ("Ballades pour meurtres (Dérive)") permet de voir un peu mieux le concept que les deux expérimentateurs ont voulu suivre... Ou du moins, de faire fonctionner son imagination et de créer ses propres connexions (L'auditeur serait peut-être à la place du cadavre baignant sereinement dans les eaux closes du sous-marin, depuis des années... Pureté, décomposition lente et liquide, confusion d'un esprit maintenant informe qui n'a toujours pas compris pourquoi son corps est décédé...)... Mais franchement, tout cela resterait plutôt des représentations personnelles ou des détails assez anecdotiques, car au niveau strictement musical peu de choses peuvent réellement laisser penser au meurtre ou a des choses relativement intenses...
Il n'y a pas tellement de choses ayant un réel impact émotionnel, le tout crée pas mal d'ambiances qui enrobent correctement (A condition de généralement faire l'effort de s'y plonger), mais même si plusieurs sont sympas et assez fortes pour se dévoiler naturellement à l'auditeur pas complètement convaincu, il y a quand même pas mal d'impressions négatives sur des choses importantes... Comme un manque de substance, de contenu, un goût de répétition, une apparition de l'ennui... C'est de l'ambiant vraiment tranquille, lent, étiré sur la longueur et à peine dynamique (Dans la mesure ou l'on peut parler de dynamique pour ce mélange de sons abstraits), donc il faut vraiment avoir envie d'écouter ce style pour apprécier.
Mick Harris a fait bien pire dans les musiques ambiantes dénuées de dynamique, minimalistes, répétitives sur plusieurs dizaines de minutes... Mais même s'il y a ici de bons moments, ce projet reste globalement une curiosité... à moins d'être un gros cramé (Et possessif) de ce type d'ambiant.
A réserver aux gros fans d'abstraction musicale.
Décembre 2006

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